De la fin 2025 au début 2026, l’équipe de l’Atelier des chars du Musée canadien de la guerre s’est attelée à la restauration du porteur universel des Cameron Highlanders d’Ottawa. Ce dernier était exposé à l’extérieur depuis des années et présentait des signes visibles de détérioration. Il a donc été remis en état avec grand soin pour être exposé.
Restauration de véhicules au Musée canadien de la guerre
L’Atelier des chars du Musée de la guerre est dirigé par Michael Miller, préparateur à la restauration d’objet et d’artéfacts. Les activités de restauration sont assurées par des bénévoles de longue date. Cet Atelier se caractérise par un travail acharné, un savoir-faire partagé et un dévouement indéfectible envers la préservation du patrimoine militaire canadien.
Les véhicules de la collection sont restaurés pour rester aussi fidèles que possible à leur état d’origine, en utilisant des pièces d’origine dans la mesure du possible. Le personnel du Musée met ses connaissances spécialisées en commun pour réparer et restaurer les véhicules, reproduire fidèlement leurs marquages historiques et, dans de nombreux cas, apprendre à les conduire.
Bon nombre des véhicules du Musée sont en parfait état de marche. La collection compte près de 200 véhicules, dont 53 véhicules de combat blindés à chenilles, 24 chars et 47 camions. Ces véhicules peuvent dater de la Première Guerre mondiale, ou être des véhicules d’aujourd’hui.
Les défis : la corrosion et l’usure
À son arrivée, le porteur universel des Camerons présentait d’importants signes de détérioration, ayant passé de nombreuses années exposé aux intempéries devant le manège militaire de la place Cartier. Une importante corrosion avait saisi ses chenilles et son système de freinage, tandis que son châssis, ses roues et son ensemble de chenilles avaient besoin de réparations substantielles.
La restauration a débuté par une évaluation complète et un démontage minutieux, ce qui a permis à l’équipe d’examiner chaque pièce et de déterminer la méthode de conservation la plus appropriée.
Le porteur à son arrivée dans l’atelier des chars. Il présente une corrosion visible importante.
Photo : Musée canadien de la guerre
Le processus de restauration
L’une des priorités consistait à remédier aux dommages causés par la rouille en nettoyant, en réparant et, au besoin, en fabriquant des pièces de remplacement. Les chenilles et les freins saisis ont exigé une intervention complète : certaines pièces ont été démontées, restaurées, remplacées ou retirées afin de garantir leur fonctionnement sécuritaire.
La restauration consistait à retirer les chenilles et tous les marquages afin de décaper la peinture et de traiter la rouille.
Photo : Musée canadien de la guerre.
Il a fallu procéder à un traitement antirouille en profondeur pour redonner vie au porteur. Une fois décapé et traité, le porteur était prêt à être repeint.
Photo : Musée canadien de la guerre.
Tout au long du processus, l’équipe a travaillé méthodiquement pour conserver autant de matériel d’origine que possible, tout en garantissant la robustesse du porteur universel. Grant Vogl, spécialiste des collections d’armes et de technologies, a veillé à ce que les marquages appropriés soient apposés pendant la phase de peinture.
La préparation de la peinture a commencé par l’application d’une couche d’apprêt.
Photo : Musée canadien de la guerre.
Le porteur universel restauré.
Photo : Musée canadien de la guerre.
Le résultat final
Le résultat est un porteur universel restauré qui témoigne du soin, du savoir-faire et des compétences techniques dont il faut faire preuve afin que ces véhicules militaires complexes soient préservés pour les prochaines générations. Le porteur universel des Cameron Highlanders, de retour au manège militaire de la place Cartier, permettra à jamais à la population canadienne de découvrir le régiment d’Ottawa et la participation du Canada à la Seconde Guerre mondiale, incarnant ainsi un symbole de fierté locale et nationale.
Le porteur universel, avant…
Photo : Musée canadien de la guerre.
… et après.
Photo : Musée canadien de la guerre.
Ce partenariat entre le régiment et le Musée a atteint ses objectifs : créer un lien fort avec la communauté, aider une unité de réserve locale à perpétuer son histoire, et ajouter un nouveau bénévole à l’équipe du Musée, le caporal Greg Thomas!
Pour exprimer sa reconnaissance, le régiment a invité les personnes de l’équipe de restauration à assister au souper de l’Association des Cameron Highlanders of Ottawa en tant qu’invitées d’honneur le 11 avril 2026.
Le personnel et les bénévoles du Musée canadien de la guerre posent aux côtés de Barbara Farber, colonelle d’honneur des Cameron Highlanders d’Ottawa, de Mark Gray, CD, sergent-major du régiment, et de du porteur universel récemment restauré.
Photo : Musée canadien de la guerre
Morgan Wright
Morgan Wright travaille comme agent des évènements spéciaux et des programmes publics au Musée canadien de la guerre et au Musée canadien de l’histoire. En 29 ans passés dans le secteur muséal, il a travaillé dans les domaines des évènements spéciaux, des collections et des services au public. Tout au long de sa carrière, il s’est attaché à mettre en place des programmes et des évènements publics pertinents qui favorisent l’intérêt pour l’histoire militaire et le patrimoine culturel du Canada.