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Une image d'une personne sur un écran vert à Ottawa, près du Musée canadien de la guerre.

Entretien avec Kristine McCorkell

Publié

15 avr. 2026


Kristine McCorkell, Conservateurice, Art autochtone, Musée canadien de l’histoire

1. Qu’est-ce qui a fait en sortie que vous avez choisi d’entreprendre une carrière en muséologie?

À 18 ans, mon parcours dans le monde des musées et des galeries a commencé en tant que conservateurice auxiliaire lors de SAKAHÀN. Art indigène international, une exposition présentée au Musée des beaux-arts du Canada en 2013. Au départ, je n’avais pas l’intention de devenir conservateurice. Par la suite, j’ai assumé le rôle d’interprète et de guide au Musée des beaux-arts, en 2017, tout en continuant mes études à l’Université Carleton. C’est à ce titre que j’ai commencé à travailler avec d’autres muséologues et que j’ai pu constater l’effet des expositions et des voix qu’elles amplifient. Je ne voulais plus seulement guider les gens dans les espaces d’exposition : je voulais participer à la création de ces espaces.

2. Pouvez-vous décrire votre rôle en tant que conservateurice d’art autochtone?

Mon rôle au Musée canadien de l’histoire est avant tout de gérer la collection d’art autochtone. Cela signifie qu’il faut veiller à ce que chaque œuvre soit entretenue, interprétée et exposée avec respect, réciprocité et intégrité culturelle. Ce rôle consiste à interagir directement avec les artistes et les communautés, tout en veillant à ce que la collection reste accessible à des fins d’apprentissage, de recherche et d’échanges fructueux avec les artistes et les communautés autochtones.

Une personne

Kristine McCorkell

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3. Selon vous, pourquoi ce rôle est-il essentiel à la mission du Musée et à son approche en matière d’histoire, de culture et de communautés autochtones?

Pendant des décennies, l’art autochtone n’a pas été considéré comme de l’art véritable. Il était plutôt considéré comme de l’artisanat ou relégué à l’ethnologie. Il était rarement exposé dans les galeries d’art. Mais l’art autochtone, c’est plus que de l’artisanat. Au-delà de l’expression esthétique, il est un véhicule de connaissances, de mémoire et des modes d’existence autochtones. À l’instar de la mission du Musée, l’art autochtone préserve les connaissances, les récits et les perspectives du monde, tout en encourageant le dialogue et une compréhension nouvelle.

4. Vous dirigez actuellement l’exposition Pizandawatc / Celui qui écoute. Pouvez-vous nous parler de celle-ci et de ce que vous espérez que le public en retiendra?

Pizandawatc est une exposition intimiste d’œuvres de l’artiste franco-anishinaabe Caroline Monnet. L’exposition, qui sera présentée au Musée du 20 mars au 8 septembre 2026, consiste en une série d’œuvres médiatiques mixtes, de vidéos et d’installations sculpturales qui explorent la relation entre la langue anishinaabemowin, ainsi qu’avec le territoire et ses ressources. J’espère que cela amènera le public à réfléchir à la terre qui se trouve sous leurs pieds et à l’effet de sa transformation spectaculaire sur les langues autochtones.

5. Plus généralement, quel incidence espérez-vous que votre travail aura sur les publics et les communautés à travers le Canada?

J’espère que mon travail encouragera le public canadien à réfléchir et à confronter l’histoire de son pays par l’entremise de l’art. Je cherche à remettre le statuquo en question, et à créer des espaces de réflexion, de compréhension et de changement. Mon objectif est d’utiliser l’art autochtone pour honorer et célébrer les récits, les connaissances et les expériences vécues des Autochtones, que la colonisation a tenté de réduire au silence.

Pour en savoir plus sur la manière de soutenir les initiatives de réconciliation du Musée, veuillez communiquer avec Linda Kincaid à linda.kincaid@museedelhistoire.ca. C’est un plaisir de pouvoir continuer ce travail important avec vous.

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