Caroline Dromaguet, présidente-directrice générale du Musée canadien de l’histoire et du Musée canadien de la guerre
Ces derniers mois ont été une période extraordinaire pour le Musée canadien de l’histoire. Nous entrons d’ores et déjà dans une nouvelle saison et nous poursuivons nos travaux dans le cadre de la Décennie internationale des langues autochtones. L’heure est donc au bilan pour une période marquée par des partenariats fructueux, un dialogue national et des moments historiques dont l’importance se fera sentir longtemps.
En décembre, une étape importante a été franchie lorsque la collection du Musée ethnologique Anima Mundi du Vatican a officiellement restitué au Canada 62 biens culturels autochtones, dont un kayak inuvialuit vieux d’un siècle. Ces objets, représentant des communautés inuit, métisses et des Premières Nations, sont depuis arrivés au Musée, où nous avons l’honneur de les conserver en toute sécurité et avec respect. Dans les mois à venir, des Ainées et Ainés autochtones, ainsi que des personnes détentrices des savoirs autochtones, examineront minutieusement ces objets pour mieux comprendre leur origine et déterminer leur lieu d’appartenance légitime. Ce travail sera guidé par une considération accrue aux communautés, aux langues et aux récits oraux. Nous nous engageons à préserver ces biens aussi longtemps qu’il le faudra pour mener ce processus à bien.
Caroline Dromaguet
Ce même esprit de partenariat habite l’ensemble du Musée. En mai, nous célèbrerons la 33e année du Programme de stages destinés aux Autochtones, le premier et le plus complet des programmes de formation muséale de ce type au Canada pour des personnes issues des Premières Nations, des nations métisses et des nations inuit. Depuis plus de 30 ans, ce programme renforce les capacités professionnelles dans le domaine muséologique, tout en favorisant des relations durables fondées sur le respect, l’apprentissage et la réconciliation. Le Musée est profondément reconnaissant à l’égard des gens qui nous aident à soutenir ce travail vital grâce à leurs dons, et tient tout particulièrement à remercier la RBC pour son soutien généreux et continu depuis 2015.
Nos expositions reflètent également notre engagement. Deux expositions spéciales consacrées aux voix autochtones sont actuellement présentées au Musée. Wi’k+palu’k Sam Glodeo’q ta’n wetapeksitaq : Honorer l’appartenance de Sam Glode, cocréée avec la famille Purdy, la descendance de Sam Glode et le Centre culturel Mi’kmawey Debert, honore les connaissances et le leadeurship autochtones. Il s’agit aussi d’un exemple de réconciliation par la collaboration. Pizandawatc / Celui qui écoute, organisée par le Musée d’art de l’Université de Toronto, rassemble une sélection d’œuvres de la célèbre artiste franco-anishinaabe Caroline Monnet. L’exposition explore la relation entre la langue anishnaabemowin, ainsi qu’avec le territoire et ses ressources, rappelant que la langue est porteuse d’une vision du monde, de mémoire et de responsabilité.
Aucun de ces projets n’est entrepris de façon isolée. Ils sont possibles grâce aux gens qui nous soutiennent par leurs dons partout au Canada. Grâce à votre soutien, le Musée peut non seulement prendre soin du passé, mais aussi contribuer activement à un avenir commun fondé sur le respect, la compréhension et la réconciliation.