Aux mains des forces ennemies
Introduction
Étant donné la taille du Corps expéditionnaire canadien et la nature de la Première Guerre mondiale, on peut se surprendre du faible nombre de personnes fait prisonnières en temps de guerre. Selon le rapport publié à Londres en 1919, intitulé Report of the Ministry, Overseas Military Forces of Canada (Rapport du Ministère, Forces militaires du Canada à l’étranger), quelque 3 747 personnes en service, dont 236 avaient le grade d’officier, ont été capturées par les forces ennemies et internées en Allemagne, ou dans la France occupée. L’Overseas Ministry [le ministère d’Outremer] a fait état de 301 décès en captivité, de 438 rapatriements avant la fin des hostilités et de 100 évasions réussies, dont celle d’un officier pendant la guerre.
Durant la Seconde Guerre mondiale, quelque 9 700 personnes en service, dans le camp canadien, se sont retrouvées aux mains de l’ennemi. Certaines étaient à bord d’un avion qui avait été abattu lors d’un passage au-dessus du territoire ennemi, mais la plupart étaient de simples militaires. À Dieppe, en aout 1942, quelque 1 900 personnes ont été capturées, et d’autres l’ont été plus tard en Italie, en France et dans le nord-ouest de l’Europe. Près de 1 700 militaires du Canada étaient aux mains des forces japonaises au lendemain de la chute de Hong Kong en décembre 1941 ou un peu plus tard au cours de la guerre. Des marins du Canada, y compris de la marine marchande, ont également été en détention.
Des gens d’origines allemande et italienne, environ 37 000 au total, ont pour leur part été détenus dans une trentaine de camps et dans de nombreux camps secondaires un peu partout au Canada, tant pendant la Seconde Guerre mondiale qu’immédiatement après.
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Arthur Nantel
Tous les jours de la semaine, 6 h Giessen
Collection Beaverbrook d’art militaire
Musée canadien de la guerre
MCG 19710261-0500
Conseil utile
Voir la page Abréviations militaires utilisées dans les dossiers de service de BAC.
Première Guerre mondiale, 1914-1919
Les dossiers militaires du Corps expéditionnaire comportent peu de références au statut des gens qui ont été emprisonnés en temps de guerre. Après leur retour en Angleterre, cependant, toutes ces personnes ont été interviewées par des membres du Bureau canadien des archives de guerre à des fins de renseignements et pour évaluer les conditions dans lesquelles elles avaient vécu et travaillé. Les individus libérés à la fin des hostilités ont été interviewés dans un centre de réception spécial mis en place par le gouvernement britannique à Ripon, en Angleterre, où on leur a fait passer un examen médical et où on leur a donné du nouvel équipement militaire et de nouveaux vêtements, leur salaire et jusqu’à trois mois de congé au Royaume-Uni, les inscrivant pour un retour prioritaire au Canada.
En 1918, le gouvernement britannique a mis en place le Committee on the Treatment by the Enemy of British Prisoners of War (le Comité sur le traitement par les forces ennemies des individus britanniques détenus en temps de guerre]. Plus de 3 000 personnes faites prisonnières de guerre et provenant de la Grande-Bretagne ou du Commonwealth ont été interviewées à propos de leur expérience de la captivité. Certains dossiers contiennent des rapports individuels et des formulaires comme une « Statement of Extraordinary Experiences in German Internment Camps » (Déclaration d’expériences extraordinaires dans les camps d’internement allemands), ainsi que des rapports manuscrits, de la correspondance et parfois, un petit document de la taille d’une carte postale consignant le nom et le rang de la personne qui a vécu l’internement de guerre, le lieu et la date de sa capture, le nom d’hôpitaux ou de camps où elle a été confinée, et la durée de son séjour à chaque endroit.
Les archives du Comité, conservées aux National Archives of England and Wales (Archives nationales de l’Angleterre et du Pays de Galles) et décrites comme le War Office: Miscellaneous Unregistered Papers, First World War (Ministère de la Guerre : Documents divers non enregistrés) (War Office 161), comprennent des transcriptions d’entretiens et des références à plus de 300 personnes emprisonnées et originaires du Canada. On peut mener des recherches dans la banque de données en ligne par nom, et les fichiers peuvent être téléchargés sans frais pour les individus inscrits. Les personnes ayant vécu la détention de guerre sont identifiées par leur nom complet, leur matricule, la date et le lieu de leur enrôlement, la résidence de la famille proche, et le ou les camps où elle a été détenue. Une sélection de ces dossiers est disponible à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) (RG 9-d-1, volumes 4731 et 4737-4740, et RG 24, volume 23189).
Plusieurs listes de noms de personnes mises en détention en temps de guerre, compilées à divers moments pendant la guerre, sont disponibles à BAC et incluent généralement le nom, le rang, le matricule, l’unité, le pays de naissance, les dates d’incarcération, et le nom des gens qui se sont évadés, qui ont été rapatriés ou qui sont morts en Allemagne ou en France occupée. Un troisième dossier dans le même volume contient une liste de personnes disparues, sur 76 pages, documentant l’existence d’individus que l’on croyait prisonniers de guerre, même s’ils avaient sans doute été tués au combat (référence : BAC, groupe d’archives 24, volume 23 189, dossiers « CEF POWs to July 31, 1918 » et « CEF POWs »).
Pour de l’information essentielle sur les personnes qui ont été détenues en temps de guerre alors qu’elles servaient le Canada, il faut commencer par Edward H. Wigney, Guests of the Kaiser: Prisoners of War of the Canadian Expeditionary Force, 1915–1918 (CEF Books, 2008). Cet ouvrage contient une liste alphabétique de toutes les personnes faites prisonnières durant la guerre, y compris leur nom complet, leur matricule, leur rang, leur unité, leur date de capture, leur date de libération, leur date de décharge et, dans certains cas, leur date de décès, même si le décès a eu lieu des décennies après la fin de la guerre. Wigney fait également la liste de tous les mémoires écrits par des militaires du Canada à propos de leur détention, ainsi que les courtes biographies de 100 personnes qui ont réussi à s’enfuir pendant la guerre. Notez que les individus qui ont servi au sein de l’aviation britannique et qui ont subséquemment été faits prisonniers de guerre ne sont pas inclus. Guests of the Kaiser est disponible pour consultation au Centre de recherche en histoire militaire du Musée canadien de la guerre et sans doute dans d’autres bibliothèques.
Après avoir été blessé à la bataille de Mont Sorrel, le soldat Alexander Millar Allan a été porté disparu entre le 2 et le 4 juin 1916. Il a d’abord passé deux jours, blessé, sur le champ de bataille, survivant à de multiples bombardements d’artillerie, puis a été fait prisonnier de guerre avant d’être éventuellement rapatrié en Angleterre, puis au Canada, alors que la guerre faisait toujours rage.
« … car je me suis dirigé directement vers un groupe d’Allemands. Pas un n’a dit mot; ils me regardaient tous avec des yeux étonnés. Je les ai observés pendant quelques minutes, prêtant attention à chacun de leurs visages, puis je leur ai fait signe que je voulais de l’eau. Ils se taisaient toujours; quand j’ai compris qu’ils n’avaient sans doute pas d’eau à me donner, je me suis trainé tant bien que mal parmi eux, et aucun n’a essayé de m’arrêter. J’ai continué d’avancer, avec l’idée d’atteindre un endroit où je savais que nos propres forces conservaient de l’eau; assez vite, j’ai rencontré un officier et quelques hommes; quand il m’a vu, il s’est écrié : « L’ennemi! » Bon, me suis-je dit, c’est là qu’on m’achève; ils m’appellent l’ennemi, il n’y a pas beaucoup d’espoir pour moi. »
« Je me suis accroupi et j’ai attendu de voir ce qui allait se passer. L’homme a sèchement donné quelques ordres. J’ai levé les yeux pour voir ce qu’il allait faire et je dois dire que j’ai été surpris : il me regardait avec une sympathie évidente sur son visage. Par ses ordres, il intimait à l’un de ses hommes de me mener à la station des bandages et de voir à ce qu’on prenne soin de moi. »
Ce qui m’est arrivé le 2 juin 1916
Soldat Alexander Millar Allan
Collection d’archives George-Metcalf
Musée canadien de la guerre
MCG 20140001-001
Comité international de la Croix-Rouge
Dès aout 1914, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait mis sur pied une Agence internationale pour les gens faits prisonniers de guerre à Genève, en Suisse, afin de colliger et de diffuser de l’information sur la détention des deux côtés d’un conflit. On peut effectuer des recherches dans ces archives disponibles en ligne – Prisoners of the First World War, the ICRC Archives (Détentions de la Première Guerre mondiale, archives du CICR) – par nom de famille. Le site comprend une liste des camps en Allemagne et dans la France occupée. Le CICR fait état des conditions dans les camps, relève certaines demandes des familles pour de l’information sur un individu donné et offre du matériel de référence supplémentaire.
Le CICR a aussi des archives de la Seconde Guerre mondiale, mais celles-ci ne sont pas ouvertes au grand public.
Alan Brookman Beddoe, O.C., O.B.E.
Soldat A. Nantel
Collection Beaverbrook d’art militaire
Musée canadien de la guerre
MCG 19710261-0503
Commission royale chargée de s’enquérir des réclamations résultant d’opérations de guerre contraire au droit : Commission des réparations, 1921-1933
Pour de l’information spécifique aux individus canadiens faits prisonniers de guerre, on doit se référer à la Commission McDougall. En 1929, le juge Errol M. McDougall avait été nommé pour enquêter sur les allégations, issues de gens au Canada, concernant des pratiques militaires illégales. Pendant son enquête, le juge a examiné des allégations de mauvais traitements infligés aux personnes détenues en temps de guerre, notamment basées sur des entretiens avec quelque 340 individus qui avaient vécu ce contexte.
McDougall a publié nombre de rapports sur le sujet, dont le Rapport de la Commission des Réparations, Mauvais traitements aux prisonniers de guerre (Ottawa, Imprimeur du Roi, 1932), le Rapport de la Commission des Réparations, Rapport supplémentaire (Ottawa, Imprimeur du Roi, 1933) et le Rapport de la Commission des Réparations, Dernier rapport (Ottawa, Imprimeur du Roi, 1933).
McDougall et les gens qui l’avaient précédé se sont penchés sur une multitude de réclamations pour pertes dues aux actions du camp ennemi pendant la guerre. Ces réclamations ont été entendues en succession par des commissaires concernant des pertes survenues lors du naufrage du Lusitania en mai 1915, de la destruction de navires marchands et de bateaux de pêche, de l’internement de non-militaires, et même pour dommages et blessures à des individus d’origine canadienne lors de raids aériens en Grande-Bretagne. En 1931, McDougall a décidé d’enquêter sur des allégations de mauvais traitement offert par des gardes du camp allemand à des personnes détenues pendant la guerre, et a invité des victimes à déposer des demandes de compensation. Quelque 862 personnes l’ont fait : 108 demandes ont été retirées avant considération, 553 ont été refusées pour diverses raisons, et enfin 201 ont été approuvées pour une compensation financière pour mauvais traitements pendant leur incarcération. On ne sait toutefois pas si des compensations ont bel et bien été payées, puisque les fonds étaient censés venir du gouvernement allemand.
Dans son troisième rapport, le Rapport de la Commission des Réparations, Mauvais traitements aux prisonniers de guerre (Ottawa, 1932), McDougall a résumé plus de 300 cas, y compris certains qui n’ont pas été retenus. Chaque étude de cas consiste en une brève notice biographique sur un individu détenu en temps de guerre, y compris son nom, son unité, son matricule, les détails de son enrôlement, son état civil, son historique professionnel avant et après la guerre, son état de santé général et les détails de son expérience de détention (voir en particulier p. 23-326); le rapport inclut également un index alphabétique (p. 327-332). En 1933, McDougall a publié le Rapport de la Commission des Réparations, Rapport supplémentaire (Ottawa, 1933) dans lequel il résumait 243 autres demandes qui n’ont pas été retenues (p. 31-180), en plus de 38 demandes retenues (p. 181-214); ce rapport contient lui aussi un index alphabétique (p. 215-217).
Les sommaires de McDougall concernant les individus détenus en temps de guerre et leurs expériences sont extraordinaires et, s’ils sont en nombre limité, ne devraient toutefois pas être oubliés lors de recherches sur des membres du Corps expéditionnaire ayant vécu l’internement. Les archives originales de la Commission royale chargée de s’enquérir des réclamations résultant d’opérations de guerre contraire au droit n’ont pas survécu, mais on peut consulter les rapports de McDougall en ligne sur la page de la Commission sur des réparations de BAC.
Limites de la documentation
En tant de guerre, les dossiers sont créés et conservés à des fins spécifiques, avec les critères d’importance de l’époque. L’origine ethnique, par exemple, n’a pas été enregistrée, et il peut arriver que la ville natale ne puisse être déduite que par l’adresse du plus proche parent, souvent mentionné sous la forme de Mme [nom de l’époux]. La langue dans laquelle était rédifée la documentation administrative était quasiment tout le temps l’anglais, et ce, quelle qu’ait été la langue de préférence du militaire. En outre, certaines recrues trop jeunes ou trop âgées ont fourni un autre nom, et certains noms ont été mal orthographiés dans le processus administratif.
Seconde Guerre mondiale, 1939-1945
Deux collections d’information majeures conservées aux National Archives of England and Wales (Archives nationales d’Angleterre et du Pays de Galles) contiennent des données sur les individus canadiens qui ont été faits prisonniers de guerre. Elles sont désormais numérisées et disponibles sur Ancestry.ca, comme noté ci-dessous.
Le Directorate of Military Intelligence: Liberated Prisoner of War Interrogation Questionnaires, 1945– 1946 (WO 344) [Répertoire du renseignement militaire : Questionnaires d’interrogation des prisonniers de guerre libérés] est disponible en ligne sur Ancestry.ca, sous le titre de Questionnaires sur les prisonniers de guerre libérés de la Seconde Guerre mondiale, Royaume-Uni et pays alliés, 1945 à 1949 (UK and Allied Countries, World War II Liberated Prisoner of War Questionnaires, 1945–1949). Les questionnaires contiennent bon nombre de données personnelles sur les personnes internées, comme le nom, le rang, le matricule et l’unité (régiment, escadron, navire, etc.), le lieu de naissance, le lieu et la date d’enrôlement, la profession, l’adresse domiciliaire, la date de la capture et le lieu de détention. Cette banque de données inclut de l’information sur les personnes détenues d’origine canadienne.
Les banques de données suivantes sont également disponibles sur Ancestry.ca :
1. Prisonniers de guerre de l’armée britannique, Royaume-Uni, 1939 à 1945 (UK, British Prisoners of War, 1939–1945)
Fondée sur de l’information produite à l’origine par les presses navales et militaires, cette banque de données n’est en fait qu’un index et ne comprend pas de documentation originale. Plus de 2 000 individus membres de l’Aviation royale du Canada et ayant été détenus y sont identifiés par nom, rang, matricule, numéro d’internement, camp et endroit.
2. Prisonniers de guerre des Forces alliées et de l’armée britannique, Royaume-Uni, 1939 à 1945 (UK, World War II Allied Prisoners of War, 1939–1945)
Ce site tire de l’information de plusieurs types d’archives au sein des Archives nationales d’Angleterre et du Pays de Galles, y compris : air 40 : Registres des individus faits prisonniers de guerre 1939-1945; WO 392 : Listes des individus faits prisonniers de guerre 1943-1945; WO 361 : Pertes et disparitions 1939-1945; et WO 345 : Fiches d’index japonaises sur les individus faits prisonniers de guerre alliés 1942-1947.
Les sources varient et les résultats peuvent se résumer à une liste de noms avec un peu d’information pour les identifier, ou peuvent constituer des dossiers véritables, comme c’est le cas pour les fiches d’index du Japon.
Schéma de l’unité nord Stalag Luft III, Sagan, Allemagne, par Robert Marshall Buckham
Collection Beaverbrook d’art militaire
Musée canadien de la guerre
MCG 19910176-004
Les gens souhaitant entreprendre des recherches devraient consulter le site Web des Archives nationales d’Angleterre et du Pays de Galles pour leur guide détaillé intitulé : British and Commonwealth Prisoners of the Second World War and the Korean War (Individus originaires de la Grande-Bretagne et du Commonwealth en détention dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée).
Concernant les individus qui ont été capturés à Hong Kong et détenus par le camp japonais, la Hong Kong Veterans Commemorative Association (l’Association commémorative des anciens combattants de Hong Kong) [hkvca.ca] conserve des rapports détaillés sur chaque membre de ce qu’on connaissait comme la Force « C », y compris des photos, de l’information personnelle, les camps de détention et des dates. Le site Web comprend des journaux intimes, des lettres, des coupures de presse et du matériel supplémentaire de référence sur l’ensemble des membres de la Force C, et non seulement sur les individus qui ont été détenus.
Les dossiers militaires des individus canadiens faits prisonniers de guerre peuvent également s’avérer utiles. Ces dossiers sont conservés par BAC et les demandes doivent être faites en vertu de la Loi sur l’accès à l’information et la Loi sur la protection des renseignements personnels, comme le souligne le site Web de BAC : Accès à l’information et protection des renseignements personnels (AIPRP). Pour rechercher des personnes décédées en captivité ou décédées avant la fin de 1947, veuillez consulter le guide de recherche du Musée canadien de la guerre : Morts et disparitions de guerre du Canada au museedelaguerre.ca/crhm.
Bague de prisonnier de guerre du soldat Jack Powerful Griss, Stalag VIIIB, avec gravure des menottes imposées aux individus canadiens ayant été capturés à Dieppe
Musée canadien de la guerre
MCG 19740246-006
Plateau de jeu de « cribbage » en bois sculpté du lieutenant Donald B. Languedoc, prisonnier de guerre à Hong Kong pendant la Seconde Guerre mondiale
Musée canadien de la guerre
MCG 20170454-005
Individus faits prisonniers de guerre ennemis au Canada
Le Canada a accepté de recevoir des individus faits prisonniers de guerre d’origine allemande et italienne, et, à la fin du conflit, quelque 37 000 militaires et membres de l’aviation et de la marine du camp ennemi, dont des membres de la marine marchande, avaient transité par l’un des 30 camps partout au Canada.
Une majorité de ces personnes ont été employées à un moment ou l’autre, souvent sur les fermes lors des récoltes, ou dans les camps de foresterie, et recevaient un salaire pour leur travail. Les dossiers du Directorate of Internment Operations, Department of National Defence (Direction des opérations d’internement, ministère de la Défense nationale) [BAC, R112-133, bobines de microfilms T-7020 à T-76057] contiennent les dossiers de paie consistant en fiches d’index avec le nom complet et le rang de l’individu, son numéro de détention, les camps où il a été détenu, ainsi que son salaire.
Ces dossiers sont disponibles sur microfilm à BAC, et la plupart des bobines ont été numérisées et peuvent être consultées sur Canadiana/Héritage en cherchant le numéro de bobine de microfilms pertinent. Des dossiers supplémentaires concernant les individus faits prisonniers ennemis et détenus au Canada peuvent seulement être consultés à BAC. Parmi ceux-ci : les rapports du Comité international de la Croix-Rouge sur des camps spécifiques (BAC : R112-133, volumes 11244-11273) et les journaux de guerre pour chacun de ces camps (BAC : R112-6744-3, volumes 15387-15414).
Camp d’internement de Kananaskis no 130 situé à Seebe, en Alberta
Collection d’archives George-Metcalf
Musée canadien de la guerre
MCG 19830444-070
Recherches à Bibliothèque et Archives Canada
Les ressources archivistiques conservées à BAC sont une mine d’or pour la recherche sur n’importe quel aspect de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. On encourage les gens qui souhaitent entreprendre des recherches à se familiariser avec le site Web de BAC, notamment la page Recherche dans la collection, et ses guides de recherche sur les dossiers personnels de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.
Les dossiers de réclamations de guerre de l’Office of the Custodian of Enemy Property (Bureau du séquestre des biens ennemis) [référence : R1213-0-9, RG 117] sont d’un intérêt particulier pour les individus canadiens faits prisonniers de guerre. Plusieurs de ces dossiers ont été créés dans les années 1950 lorsque ces personnes pouvaient encore demander une compensation pour mauvais traitements. Ces dossiers contiennent de l’information sur les circonstances de la capture et de la détention, et peuvent faire l’objet de recherches par nom sur la page Recherche dans la collection. Ils comprennent des demandes d’individus détenus par l’Allemagne ou l’Italie, mais non par le Japon, ainsi que des réclamations d’autres personnes détenues par des pays ennemis, dont le Japon, et pour des pertes en temps de guerre dues à l’action ennemie.
Ces dossiers sont ouverts, mais doivent être consultés sur place.
Jack Leonard Shadbolt
Un coin de l’enceinte
Ce tableau représente le camp d’internement pour les personnes d’origine allemande à Petawawa, en Ontario.
Collection Beaverbrook d’art militaire
Musée canadien de la guerre
MCG 19710261-5844
Ressources du Musée canadien de la guerre
Le Centre de recherche sur l’histoire militaire (CRHM) du Musée canadien de la guerre abrite la collection de la Bibliothèque Hartland-Molson et la Collection d’archives George-Metcalf. Il est possible de mener des recherches en ligne grâce aux catalogues du CRHM. Ces collections contiennent nombre de ressources sur l’expérience des individus qui ont été détenus dans le contexte de la Première ou de la Seconde Guerre mondiale, dont des mémoires, des biographies, les histoires des camps et des documents d’histoire générale. En outre, consulter l’histoire d’une unité, si une telle histoire existe, peut révéler des renseignements clés, par exemple sur les batailles menées, la culture du groupe, des photos, le nom d’autres membres de l’unité, etc.
La bibliothèque du Musée abrite également des objets liés aux uniformes et aux équipements, des manuels d’entrainement et des livres liés aux nombreux aspects du service. La bibliothèque et les archives du Musée sont surtout de nature personnelle et peuvent ajouter une perspective individuelle à la documentation officielle conservée par BAC.
Lectures conseillées
- Auger, Martin. Prisoners of the Home Front: German POWs and “Enemy Aliens” in Southern Quebec, 1940–1946 (UBC Press, 2005).
- Carter, David J. Behind Canadian Barbed Wire: Alien, Refugee and Prisoner of War Camps in Canada, 1914–1946 (Eagle Butte Press, 1998).
- Greenfield, Nathan M. The Damned: The Canadians at the Battle of Hong Kong and the POW Experience, 1941–1945 (HarperCollins, 2010).
- Greenfield, Nathan M. The Reckoning: Canadian Prisoners of War in the Great War (HarperCollins, 2016).
- Morton, Desmond. Silent Battle: Canadian Prisoners of War in Germany, 1914–1919 (Lester Publishing, 1992).
- Vance, Jonathan F. Objects of Concern: Canadian Prisoners of War Through the Twentieth Century (UBC Press, 1994). Brosse un excellent tableau des deux guerres mondiales.
- Wigney, Edward H. Guests of the Kaiser: Prisoners of War of the Canadian Expeditionary Force, 1915–1918 (CEF Books, 2008). Un bon endroit où commencer ses recherches sur les individus faits prisonniers de guerre.
- Zimmerman, Ernest. The Little Third Reich on Lake Superior: A History of Canadian Internment Camp R (University of Alberta Press, 2015).
Les livres ci-dessus ont des bibliographies exhaustives de témoignages de première main, des journaux et des mémoires de personnes qui ont été détenues dans le contexte de l’une ou l’autre des guerres, ainsi que d’individus faits prisonniers ennemis et internés au Canada. Ces livres sont disponibles grâce aux collections exhaustives du Centre de recherche en histoire militaire du Musée canadien de la guerre, ainsi que dans d’autres bibliothèques.
Vocabulaire clé
Individu fait prisonnier de guerre : Individu membre des forces militaires reconnues d’un pays qui a été capturé et emprisonné par une puissance ennemie en temps de guerre. Cela n’inclut pas les personnes non militaires détenues dans les camps d’internement en temps de guerre (par exemple, des personnes d’origine allemande ou austro-hongroise internées pendant la Première Guerre mondiale, ou des personnes d’origine japonaise internées durant la Seconde Guerre mondiale dans des camps d’internement canadiens).
Matricule : Ce numéro devait servir d’identifiant unique pour le personnel militaire. Pendant la Première Guerre mondiale, les matricules du Corps expéditionnaire canadien étaient alloués en blocs à différentes régions du pays, puis aux unités individuelles. Certains numéros étaient utilisés plus d’une fois, cependant. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Marine royale canadienne, l’Armée canadienne et l’Aviation royale canadienne avaient leurs propres systèmes de numéro distincts.
Unité : Un terme global désignant n’importe quel groupe militaire organisé auquel une personne est affectée ou attachée, y compris un régiment, un bataillon, un escadron, un navire, un hôpital, etc.
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Consultez notre Foire aux questions (FAQs) ou contactez-nous directement. Le personnel du CRHM peut répondre à vos questions et vous aider dans vos recherches.
Avec nos remerciements à notre contributeur invité, Glenn Wright, ancien archiviste de BAC.