{"id":396,"date":"2014-07-18T19:23:09","date_gmt":"2014-07-18T19:23:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.museedelaguerre.ca\/premiere-guerre-mondial\/?page_id=396"},"modified":"2016-06-27T14:12:30","modified_gmt":"2016-06-27T14:12:30","slug":"sentiment-anti-allemand","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.museedelaguerre.ca\/premiereguerremondiale\/histoire\/la-vie-au-pays-pendant-la-guerre\/sujets-dun-pays-ennemi\/sentiment-anti-allemand\/","title":{"rendered":"Sentiment anti-allemand"},"content":{"rendered":"<p class=\"excerpt\">La fi\u00e8vre de la guerre provoqua une hostilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des Canadiens d&rsquo;origine allemande et de leur culture.<\/p>\n<h2>Rejet de tout ce qui est allemand<\/h2>\n<p>Au cours de la premi\u00e8re partie de la guerre, on observa des r\u00e9actions brutales contre de nombreux \u00e9l\u00e9ments de la pr\u00e9sence allemande au Canada. Des \u00e9coles publiques retir\u00e8rent l&rsquo;enseignement de l&rsquo;allemand de leur programme scolaire. Quelques orchestres refus\u00e8rent de jouer de la musique allemande. Des habitants de Winnipeg appel\u00e8rent les hamburgers \u00ab\u00a0nips\u00a0\u00bb pour \u00e9viter l&rsquo;association avec une langue ennemie. Le torpillage du paquebot\u00a0<i>Lusitania<\/i>\u00a0en 1915, o\u00f9 moururent des centaines de civils, sembla confirmer l&rsquo;opinion populaire que le Canada se battait pour une cause singuli\u00e8rement noble contre une nation de barbares. De dangereuses \u00e9meutes \u00e0 Victoria, Winnipeg et Montr\u00e9al vis\u00e8rent des entreprises et des magasins appartenant \u00e0 des Allemands.<\/p>\n<h2>Mesures contre les \u00ab\u00a0ennemis\u00a0\u00bb au Canada<\/h2>\n<p>La propagande anti-allemande, les r\u00e9cits d&rsquo;atrocit\u00e9s allemandes outre-mer et la crainte des saboteurs conduisirent de nombreux Canadiens \u00e0 exiger de leur gouvernement qu&rsquo;il les prot\u00e8ge. C&rsquo;est ainsi que 8579 \u00ab\u00a0sujets d&rsquo;un pays ennemi\u00a0\u00bb furent intern\u00e9s derri\u00e8re des barbel\u00e9s pour \u00e9liminer la soi-disant menace, alors que des dizaines de milliers d&rsquo;autres furent forc\u00e9s de s&rsquo;inscrire aupr\u00e8s des autorit\u00e9s et de respecter des r\u00e8gles de conduite strictes jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de la guerre. Sir William Otter, le distingu\u00e9 soldat canadien qui supervisa l&rsquo;op\u00e9ration d&rsquo;internement, d\u00e9clara que 8579 \u00ab\u00a0sujets d&rsquo;un pays ennemi\u00a0\u00bb avaient \u00e9t\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9s dans des camps \u00e0 travers le pays. Otter en consid\u00e9rait 3138 comme des \u00ab\u00a0prisonniers de guerre\u00a0\u00bb, les autres \u00e9tant des civils. La majorit\u00e9 des intern\u00e9s \u00e9taient d&rsquo;origine ukrainienne.<\/p>\n<h2>L&rsquo;\u00e9radication d&rsquo;une culture\u00a0: De Berlin \u00e0 Kitchener<\/h2>\n<p>Berlin, ville de taille moyenne du sud-ouest de l&rsquo;Ontario, comportait une importante population de Canadiens d&rsquo;origine allemande et de nombreux mennonites, dont l&rsquo;\u00e9glise pacifiste s&rsquo;opposait au service militaire. Cette ville devint un foyer de troubles publics \u00e0 cause de son nom et de la d\u00e9loyaut\u00e9 pr\u00e9sum\u00e9e d&rsquo;un grand nombre de ses citoyens allemands ou pacifistes. Des patriotes z\u00e9l\u00e9s retir\u00e8rent de son socle un buste du kaiser Wilhelm I se trouvant dans le parc Victoria et le jet\u00e8rent dans le lac Victoria voisin. Des soldats du 118e\u00a0bataillon local saccag\u00e8rent et pill\u00e8rent des entreprises allemandes.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de 1916, la Chambre de commerce locale recommanda que l&rsquo;on change le nom de la ville pour symboliser l&rsquo;engagement patriotique et dans l&rsquo;espoir qu&rsquo;un autre nom soit plus favorable aux affaires. Un comit\u00e9 municipal dressa une liste de dizaines de possibilit\u00e9s, dont \u00ab\u00a0Amity\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Imperial City\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Hydropolis\u00a0\u00bb, mais les \u00e9v\u00e8nements outre-mer sugg\u00e9r\u00e8rent une autre option. Le ministre britannique de la guerre, lord Kitchener, fut tu\u00e9 au d\u00e9but de juin en route vers la Russie quand son navire de guerre frappa une mine allemande. Seulement quelques centaines de citoyens vot\u00e8rent lors du r\u00e9f\u00e9rendum qui suivit, mais ceux qui le firent choisirent Kitchener. Berlin, qui ne figurait pas sur le bulletin de vote, disparut de la carte le 1er\u00a0septembre 1916. Des tentatives p\u00e9riodiques, pendant et apr\u00e8s la guerre, de restaurer le nom originel \u00e9chou\u00e8rent.<\/p>\n<h2>Atrocit\u00e9s allemandes r\u00e9elles et imaginaires<\/h2>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but de la guerre, la plupart des Canadiens diabolis\u00e8rent l&rsquo;ennemi. Ils crurent les histoires et les rumeurs venues d&rsquo;outre-mer sur des crimes de guerre allemands et prirent pour argent comptant ce qui s&rsquo;av\u00e9rerait dans l&rsquo;ensemble n&rsquo;\u00eatre que des histoires invent\u00e9es d&rsquo;atrocit\u00e9s allemandes en Belgique, particuli\u00e8rement celles concernant des femmes et des enfants. Les nouvelles de lourdes pertes et de l&rsquo;utilisation d&rsquo;une nouvelle arme abominable, le gaz toxique, lors de la deuxi\u00e8me bataille d&rsquo;Ypres en avril 1915, ralli\u00e8rent l&rsquo;opinion publique contre l&rsquo;Allemagne et convainquirent encore davantage les Canadiens de la barbarie fonci\u00e8re de l&rsquo;ennemi. La propagande de guerre renfor\u00e7ait les st\u00e9r\u00e9otypes dont l&rsquo;ennemi \u00e9tait affubl\u00e9 et gommait intentionnellement la fronti\u00e8re entre la r\u00e9alit\u00e9 et les insinuations utiles.<\/p>\n<h2>Le <i>Lusitania<\/i>\u00a0et Edith Cavell<\/h2>\n<p>Les r\u00e9cits d&rsquo;atrocit\u00e9s allemandes n&rsquo;\u00e9taient pas tous faux ou exag\u00e9r\u00e9s. En mai 1915, un mois apr\u00e8s le choc d&rsquo;Ypres, un sous-marin allemand coula le paquebot de luxe\u00a0<i>Lusitania<\/i>\u00a0au large des c\u00f4tes d&rsquo;Irlande. Pr\u00e8s de 1200 civils p\u00e9rirent, dont des centaines de Canadiens et plus de 90 enfants. L&rsquo;ex\u00e9cution par les Allemands de l&rsquo;infirmi\u00e8re britannique Edith Cavell en octobre 1915 pour avoir aid\u00e9 des soldats alli\u00e9s \u00e0 fuir la Belgique occup\u00e9e indigna encore davantage les Canadiens et donna \u00e0 l&rsquo;effort de guerre un martyr convaincant. Cavell devint la perte f\u00e9minine la plus c\u00e9l\u00e8bre de la guerre. Au Canada seulement, une montagne, plusieurs \u00e9coles, un institut de sciences infirmi\u00e8res, des rues et plusieurs pavillons hospitaliers furent nomm\u00e9s en son honneur.<\/p>\n<h2>Stigmatisation de la\u00a0<i>Kultur<\/i>\u00a0allemande<\/h2>\n<p>La propagande du temps de guerre fit bient\u00f4t de la\u00a0<i>Kultur<\/i>\u00a0(culture) allemande une insulte accablante, la pr\u00e9disposition \u00e0 la guerre, la cruaut\u00e9 et l&rsquo;app\u00e9tit de destruction mettant l&rsquo;Allemagne au banc des nations civilis\u00e9es. Des mesures contre un tel ennemi \u00e9taient plus que justifi\u00e9es, hurlaient les images\u00a0: elles \u00e9taient indispensables.<\/p>\n<h3>Poursuivez votre exploration avec ces sujets :<\/h3>\n<ul class=\"related\">\n<li><a href=\"\/premiereguerremondiale\/histoire\/batailles-et-combats\/batailles-terrestres\/deuxieme-bataille-dypres\/\">Deuxi\u00e8me bataille d&rsquo;Ypres<\/a><\/li>\n<li><a href=\"\/premiereguerremondiale\/histoire\/lentree-en-guerre\/origines-et-premieres-phases\/premiers-combats\/\">Premiers combats<\/a><\/li>\n<li><a href=\"\/premiereguerremondiale\/histoire\/batailles-et-combats\/la-guerre-en-mer\/la-menace-des-u-boot\/\">La menace des U-Boot<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La fi\u00e8vre de la guerre provoqua une hostilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des Canadiens d&rsquo;origine allemande et de leur culture. 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