{"id":357,"date":"2014-07-18T15:14:58","date_gmt":"2014-07-18T15:14:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.museedelaguerre.ca\/premiere-guerre-mondial\/?page_id=357"},"modified":"2014-08-15T13:37:08","modified_gmt":"2014-08-15T13:37:08","slug":"finances-et-production-de-guerre","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.museedelaguerre.ca\/premiereguerremondiale\/histoire\/la-vie-au-pays-pendant-la-guerre\/leconomie-de-guerre\/finances-et-production-de-guerre\/","title":{"rendered":"Finances et production de guerre"},"content":{"rendered":"<p class=\"excerpt\">Comme la plupart des autres combattants en 1914, les Canadiens s&rsquo;attendaient \u00e0 ce que la guerre soit br\u00e8ve, victorieuse et relativement peu co\u00fbteuse. Ils avaient tort.<\/p>\n<h2>Finances traditionnelles, guerre non traditionnelle<\/h2>\n<p>Loin de mettre fin \u00e0 la r\u00e9cession \u00e9conomique d&rsquo;avant-guerre, la guerre l&#8217;empira d&rsquo;abord, provoquant des cong\u00e9diements, des annulations de contrat et des r\u00e9ductions importantes dans l&rsquo;industrie ferroviaire d\u00e9j\u00e0 mal en point.<\/p>\n<p>Ottawa chercha \u00e0 obtenir de l&rsquo;argent pour payer les modestes premi\u00e8res d\u00e9penses de la guerre en empruntant sur les march\u00e9s financiers traditionnels &#8211; d&rsquo;abord en Grande-Bretagne, puis, quand les pr\u00eats britanniques se tarirent \u00e0 cause de besoins dans ce pays, aux \u00c9tats-Unis. Peu d&rsquo;observateurs croyaient qu&rsquo;on aurait \u00e0 faire appel aux sources financi\u00e8res canadiennes avant la fin de la guerre; ceux qui pr\u00e9conisaient d&rsquo;utiliser les imp\u00f4ts pour obtenir l&rsquo;argent n\u00e9cessaire pour financer les d\u00e9penses de guerre, au lieu de l&#8217;emprunter en augmentant\u00a0les emprunts de guerre, \u00e9taient encore moins nombreux.<\/p>\n<p>Mais la guerre ne prit pas fin si rapidement. L&rsquo;effort n\u00e9cessaire pour soutenir des arm\u00e9es \u00e9normes fit sortir l&rsquo;\u00e9conomie canadienne de la r\u00e9cession. Il exigea \u00e9galement des capitaux \u00e9normes. Le budget f\u00e9d\u00e9ral d&rsquo;avant-guerre de 185 millions de dollars avait quadrupl\u00e9 quand il atteignit son sommet de temps de guerre de plus de 740 millions. La dette quadrupla aussi, pour atteindre 1,2 milliard de dollars. Avant la guerre, les droits de douane, les tarifs postaux et les tarifs douaniers pour les biens import\u00e9s repr\u00e9sentaient plus de 85 pour cent des recettes gouvernementales. Les droits plus \u00e9lev\u00e9s et les nouveaux tarifs ne pouvaient \u00e0 eux seuls couvrir les d\u00e9penses de guerre, qui \u00e9taient beaucoup plus \u00e9lev\u00e9es. Ottawa emprunta pour financer le manque \u00e0 gagner \u00e0 une source impr\u00e9vue\u00a0: les Canadiens ordinaires.<\/p>\n<h2>Emprunter aux Canadiens<\/h2>\n<p>L&#8217;empressement des Canadiens \u00e0 pr\u00eater de l&rsquo;argent \u00e0 leur propre gouvernement en achetant des obligations de guerre d\u00e9passa toutes les attentes. Aucune \u00e9mission d&rsquo;obligations de l&rsquo;histoire du Canada n&rsquo;avait permis d&rsquo;obtenir plus de 5 millions de dollars, mais la premi\u00e8re campagne des \u00ab\u00a0obligations de la victoire\u00a0\u00bb d&rsquo;Ottawa permit d&rsquo;obtenir 100 millions, le double des pr\u00e9visions initiales. Les campagnes subs\u00e9quentes s&rsquo;av\u00e9r\u00e8rent tout aussi fructueuses. Des campagnes publicitaires, dont des dizaines de milliers d&rsquo;affiches, liaient directement les obligations au soutien des soldats outre-mer, et \u00e0 leur bien-\u00eatre, et avaient recours \u00e0 divers messages pour encourager les contributions, de po\u00e8mes bien connus \u00e0 des images empreintes d&rsquo;\u00e9motion. Des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 long terme allant jusqu&rsquo;\u00e0 5,5 pour cent pour des p\u00e9riodes allant jusqu&rsquo;\u00e0 20 ans constituaient aussi un puissant incitatif.<\/p>\n<p>Le total des achats d&rsquo;obligations au pays pendant la guerre d\u00e9passa 2 milliards de dollars, dix fois la somme recueillie \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Le Canada avait financ\u00e9 la guerre en contractant des dettes de plus de 2 milliards de dollars, transmettant ainsi le co\u00fbt de la guerre aux g\u00e9n\u00e9rations futures, mais il devait la majeure partie de cet argent aux citoyens canadiens, et non \u00e0 des pr\u00eateurs \u00e9trangers. Le succ\u00e8s de la campagne des \u00ab\u00a0obligations de la victoire\u00a0\u00bb se reproduirait lors de la Seconde Guerre mondiale. Les obligations d&rsquo;\u00e9pargne du Canada d&rsquo;aujourd&rsquo;hui sont les descendants directs de ces efforts du temps de guerre.<\/p>\n<h2>Imposition du revenu et des profits<\/h2>\n<p>Les co\u00fbts de la guerre ne furent pas les seuls facteurs influen\u00e7ant les politiques financi\u00e8res du gouvernement. La guerre se poursuivant, les pressions politiques augment\u00e8rent sur ce dernier pour qu&rsquo;il fasse en sorte que les entreprises et les riches paient leur juste part du fardeau financier. Des syndicats, des agriculteurs, des \u00c9glises et d&rsquo;autres groupes exig\u00e8rent la \u00ab\u00a0conscription de la richesse\u00a0\u00bb. Des accusations p\u00e9riodiques de r\u00e9alisation de b\u00e9n\u00e9fices excessifs par des fonctionnaires corrompus ou des entrepreneurs sans scrupule firent les gros titres et sap\u00e8rent les efforts de propagande gouvernementale affirmant que tous les Canadiens devaient \u00ab\u00a0faire leur part\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les nouveaux imp\u00f4ts f\u00e9d\u00e9raux sur les profits des soci\u00e9t\u00e9s en 1916 et les revenus personnels en 1917 &#8211; ce dernier une mesure \u00ab\u00a0temporaire\u00a0\u00bb du temps de guerre &#8211; cr\u00e9\u00e8rent d&rsquo;importants pr\u00e9c\u00e9dents, mais la guerre prit fin avant que l&rsquo;un ou l&rsquo;autre ait produit des r\u00e9sultats substantiels. En 1919, les imp\u00f4ts personnels et de soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9unis ne repr\u00e9sentaient que 3,4 pour cent des recettes totales de l&rsquo;\u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral. La plupart des Canadiens ne payaient aucun imp\u00f4t, et ceux qui le faisaient, n&rsquo;en payaient que tr\u00e8s peu.<\/p>\n<h2>\u00c9volution d&rsquo;une \u00e9conomie de guerre<\/h2>\n<p>Le d\u00e9clenchement de la guerre mena\u00e7a le Canada d&rsquo;une crise \u00e9conomique. Les commandes manufacturi\u00e8res existantes furent annul\u00e9es, certaines usines ferm\u00e8rent leurs portes et la construction s&rsquo;arr\u00eata sur bien des chantiers civils d&rsquo;avant-guerre. Certains craignaient que la guerre entra\u00eene l&rsquo;effondrement de l&rsquo;\u00e9conomie d\u00e9j\u00e0 fragile du Canada. Mais la demande d&rsquo;approvisionnements de guerre, d&rsquo;\u00e9quipement et d&rsquo;obus ne tarda pas \u00e0 stimuler l&rsquo;\u00e9conomie et l&#8217;emploi. La production augmenta et les craintes d&rsquo;effondrement furent remplac\u00e9es par les d\u00e9fis pos\u00e9s par une expansion rapide. En raison des demandes conjugu\u00e9es du service militaire, de l&rsquo;industrie et de l&rsquo;agriculture, le ch\u00f4mage avait pratiquement disparu au Canada en 1916.<\/p>\n<h2>Organisation de la production du temps de guerre<\/h2>\n<p>Une des plus grandes surprises \u00e9conomiques de la guerre fut la demande presque insatiable de grandes quantit\u00e9s d&rsquo;obus. Les arm\u00e9es les utilisaient par millions lors des barrages intensifs et les batailles \u00e9voquant des si\u00e8ges sur le Front occidental, et aucune \u00e9conomie alli\u00e9e n&rsquo;\u00e9tait organis\u00e9e pour produire les quantit\u00e9s d&rsquo;obus qu&rsquo;on r\u00e9clamait, et de loin.<\/p>\n<p>Le ministre canadien de la Milice et de la D\u00e9fense, Sam Hughes, \u00e9tablit initialement un Comit\u00e9 des obus pour coordonner la production, mais il ne tint pas ses promesses concernant les contrats, ce qui donna naissance \u00e0 des r\u00e9criminations irrit\u00e9es entre le Canada et la Grande-Bretagne et \u00e0 des rumeurs g\u00e9n\u00e9rales de corruption.<\/p>\n<h2>Commission imp\u00e9riale des munitions<\/h2>\n<p>\u00c0 la fin de 1915, le Premier ministre Borden rempla\u00e7a le Comit\u00e9 des obus par la Commission imp\u00e9riale des munitions (CIM), qui relevait uniquement de la Grande-Bretagne mais \u00e9tait dirig\u00e9e par un Canadien. Avec \u00e0 sa t\u00eate Joseph Flavelle, homme d&rsquo;affaires bien connu de Toronto, la Commission fut organis\u00e9e selon de saines pratiques de gestion et embaucha des gestionnaires professionnels pour superviser ses op\u00e9rations. Elle att\u00e9nua le probl\u00e8me de la p\u00e9nurie de main-d&rsquo;\u0153uvre en embauchant 30\u00a0000 femmes pour travailler dans ses usines et ses bureaux.<\/p>\n<h2>Expansion impressionnante de la production et de la diversit\u00e9 des biens produits<\/h2>\n<p>Sous la supervision de Flavelle, la Commission supervisa une impressionnante expansion de la production en temps de guerre, et on passa d&rsquo;\u00e0 peine quelques compagnies ayant la capacit\u00e9 de produire des obus \u00e0, en 1917, des dizaines de compagnies, dont des soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;\u00c9tat, qui produisaient ensemble pour environ 2 millions de dollars de biens par jour.<\/p>\n<p>Le mandat de la CIM fut plus tard \u00e9largi pour inclure les combustibles, les douilles en laiton et des fus\u00e9es complexes. En 1917, pr\u00e8s des deux tiers de tous les obus britanniques \u00e9taient fabriqu\u00e9s au Canada. La CIM construisait des navires et des avions et am\u00e9nageait des terrains d&rsquo;aviation pour un imposant programme d&rsquo;entra\u00eenement des pilotes. \u00c0 la fin de la guerre, ses 600 usines avaient achev\u00e9 103 navires de la marine, 2600 avions d&rsquo;entra\u00eenement et 30 hydravions \u00e0 coque. Quand la CIM cessa ses op\u00e9rations en 1919, elle \u00e9tait le plus grand employeur civil du Canada, avec plus de 290\u00a0000 employ\u00e9s.<\/p>\n<h3>Poursuivez votre exploration avec ces sujets :<\/h3>\n<ul class=\"related\">\n<li><a href=\"\/premiereguerremondiale\/histoire\/les-gens\/leaders-canadiens\/sir-sam-hughes\/\">Sir Sam Hughes<\/a><\/li>\n<li><a href=\"\/premiereguerremondiale\/histoire\/batailles-et-combats\/la-guerre-sur-terre\/fournir-le-materiel-necessaire-a-la-guerre\/\">Fournir le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire \u00e0 la guerre<\/a><\/li>\n<li><a href=\"\/premiereguerremondiale\/histoire\/batailles-et-combats\/la-guerre-en-mer\/la-marine-royale-du-canada\/\">La Marine royale du Canada<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme la plupart des autres combattants en 1914, les Canadiens s&rsquo;attendaient \u00e0 ce que la guerre soit br\u00e8ve, victorieuse et relativement peu co\u00fbteuse. Ils avaient tort. 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