Outils éducatifs / Survol Historique
Préparé par : Dre Meghan Fitzpatrick
Télécharger le PDF enrichiTélécharger le PDF imprimableLes conséquences physiques de la guerre sont visibles tout autour de nous, qu’il s’agisse de soldats qui ne rentrent jamais chez eux ou des malades et des blessés qui vivent avec les cicatrices des conflits. La guerre a aussi un impact profond et durable sur la santé mentale, même si celui-ci est souvent plus difficile à percevoir. Les armées et les gouvernements, y compris au Canada, ont eu du mal à comprendre, à traiter correctement et à indemniser les personnes psychologiquement affectées par leur passage sous l’uniforme.
Au cours du siècle dernier, l’impact psychologique de la guerre a été décrit de diverses manières, en commençant par le « traumatisme dû au bombardement » pendant la Première Guerre mondiale, suivi par des termes comme « épuisement au combat », et finalement reconnu plus formellement comme « trouble de stress post-traumatique » (TSPT). Aujourd’hui, le terme blessure de stress opérationnel (BSO) est souvent utilisé pour décrire différents troubles mentaux susceptibles de se développer en réponse à une expérience de stress prolongé, de combat ou de perte.
Pendant la première moitié du 20e siècle, les options de traitement étaient limitées pour les personnes souffrant de troubles psychologiques. De plus, les systèmes d’indemnisation mis en place pour les anciens combattants vivant avec des handicaps n’avaient pas été conçus pour soutenir les personnes souffrant de troubles mentaux.
Pendant les Première et Seconde Guerres mondiales, les gouvernements du Canada et d’autres pays du Commonwealth ont calculé les pensions d’invalidité des vétérans et vétéranes en fonction de plusieurs facteurs, notamment l’incidence d’une blessure sur la force, la mobilité et la capacité de la personne à réintégrer le marché du travail. Il était malheureusement plus difficile d’établir l’impact des conditions psychologiques, comme la dépression et l’anxiété, et les conséquences de ces conditions sur la vie professionnelle et personnelle d’une personne. À l’époque, les fonctionnaires et les médecins croyaient aussi largement que les personnes souffrant de troubles mentaux étaient prédisposées aux « dépressions nerveuses » en raison d’antécédents personnels ou familiaux de maladie mentale. Il pouvait donc être difficile pour les vétérans et vétéranes de prouver que leur invalidité était directement liée au service militaire. La stigmatisation de longue date des maladies mentales a également eu pour conséquence que de nombreuses personnes n’ont jamais cherché à obtenir de l’aide ou une indemnisation.
Depuis, notre compréhension et notre traitement de ce type d’affections se sont considérablement améliorés. Chercher de l’aide est également mieux accepté socialement, y compris au sein de la communauté militaire. Le travail des anciens combattants du monde entier, à la suite de conflits comme la guerre du Viêt Nam (1955-1975), a permis une prise de conscience vitale des traumatismes liés à la guerre.
Au Canada, des personnes comme le lieutenant général (retraité) Roméo Dallaire, qui a lutté pour sa propre santé mentale après avoir servi dans des pays comme le Rwanda (1993-1994), ont contribué à une prise de conscience quant à la nécessité d’améliorer la prise en charge des militaires touchés par les blessures de stress opérationnel. Au cours des dernières décennies, le gouvernement canadien a investi plus que jamais pour développer des ressources de santé mentale pour les anciens combattants. Il s’agit notamment d’un réseau de cliniques et de centres de soutien pour les BSO.
Bien que ces changements soient importants, l’indemnisation demeure un problème pour de nombreux vétérans. Certains pensent que le système de pension actuel ne traite toujours pas les blessures psychologiques aussi sérieusement que les blessures physiques. De nombreux vétérans ont encore du mal à obtenir tout le soutien dont ils ont besoin lors de leur transition immédiate de la vie militaire à la vie civile.
Nous avons encore beaucoup à apprendre concernant l’effet de la guerre et du service militaire sur la santé mentale à long terme. Il est aussi important de reconnaitre que certaines personnes connaissent des changements personnels positifs, même après avoir vécu des expériences aussi difficiles. Les gens qui vivent avec les blessures invisibles de la guerre continuent d’être des membres importants de la société et d’y contribuer. Il est vrai qu’ils peuvent avoir besoin de soutien, mais ils ont une force, une perspective et une expérience uniques qui profitent à leurs concitoyens.
Photo au haut de la page :
Des anciens combattants canadiens démobilisés attendent des entretiens avec des conseillers en réadaptation à Toronto, en 1944.
Bibliothèque et Archives Canada / C-049434