À partir du 1er décembre, une preuve de vaccination pour toutes personnes âgées de 12 ans et plus sera exigée pour accéder aux expositions et à tous les espaces publics du Musée, ce qui inclut la participation aux évènements spéciaux.

Preuves acceptées : passeport vaccinal ou preuve de vaccination (électronique ou imprimée), avec une pièce d’identité spécifiant nom et date de naissance.

Main Menu

Transcription : La salle de la régénération Moriyama

Bienvenue à ce parcours de la visite guidée sur le thème du Souvenir au Musée canadien de la guerre. Je m’appelle Anne et je suis interprète au Musée.

L’édifice dans lequel nous nous trouvons est un endroit où l’architecture, les artefacts et les expositions s’unissent pour nous aider à comprendre la guerre et son impact sur les Canadiens et les Canadiennes, hier et aujourd’hui. C’est un endroit où nous venons pour nous souvenir.

Le Musée de la guerre n’est pas seulement un endroit où préserver et partager l’histoire du passé militaire du Canada. Il fait partie de cette histoire. Si les murs pouvaient parler, que diraient-ils? Examinons de plus près comment le message du souvenir est intimement lié à l’architecture qui nous entoure.

Ici, dans la salle de la régénération Moriyama, les murs et les poutres de soutien sont anguleux. Ils sont inclinés et pliés, comme s’ils allaient s’effondrer – ne vous inquiétez pas, ça n’arrivera pas. Leur déséquilibre est intentionnel afin de nous faire ressentir l’instabilité de la guerre.

Mais « régénération » signifie renouvellement. Cette salle, qui est solennelle tout en nous remontant le moral, symbolise la régénération après la destruction de la guerre, et un espoir renouvelé de paix.

Prenons les sculptures évocatrices. Ce sont des modèles originaux en plâtre pour les sculptures en pierre beaucoup plus grandes du Mémorial de Vimy en France. Ce monument, érigé à l’endroit où les Canadiens ont combattu dans la bataille de la crête de Vimy en 1917, est un hommage à tous les Canadiens qui ont servi pendant la Première Guerre mondiale, notamment à ceux qui ne sont jamais rentrés chez eux.

Les noms de 11 285 Canadiens sans sépulture connue en France sont inscrits sur ce monument commémoratif. C’est une manière de faire revivre ceux qui sont tombés au champ d’honneur.

L’artiste, Walter Allward, a créé 20 figures pour représenter des vertus comme la justice et l’honneur.

Ces maquettes en plâtre ont été envoyées en France.

Des sculpteurs sur pierre les ont utilisées pour créer les sculptures finales, qui sont deux fois plus grandes. Si on les regarde de près, on peut encore voir des marques faites au crayon par Allward lui-même. Il s’agit de points de référence pour obtenir l’échelle souhaitée.

Une caractéristique architecturale unique de cet espace est la vue qu’on a si on se tient exactement où je suis maintenant. Prenez ma place. Que voyez-vous au loin? C’est la tour de la Paix sur la Colline du Parlement. Elle a été construite après la Première Guerre mondiale et est dédiée à ceux qui ont combattu et sont morts en poursuivant la paix.

Maintenant, regardez ce qui se passe si on bouge un peu. La voyez-vous encore? Non? La vue parfaite de la tour de la Paix est aussi insaisissable que la paix elle-même.

Ce bref aperçu de la tour de la Paix est un lien symbolique entre le Musée et les édifices du Parlement. Ce lien est important, car c’est au Parlement que les décisions prises par le Canada en temps de guerre ont été débattues, et le sont toujours. Le Musée canadien de la guerre est l’endroit où nous cherchons à comprendre le contexte et les conséquences de ces décisions.

Il y a un dernier petit détail que j’aimerais partager avec vous. Entendez-vous un sifflement dans cette pièce?

À l’âge de 12 ans, pendant la Seconde Guerre mondiale, l’architecte du Musée, Raymond Moriyama, a été déplacé de force dans un camp d’internement pour personnes d’origine canadienne-japonaise dans l’intérieur de la Colombie-Britannique.

Cette politique de déplacement raciste a été introduite en 1942, quand le Canada est entrée en guerre contre le Japon, et a été appliquée jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Plus de 90 % des membres de la communauté canadienne-japonaise, soit 22 000 personnes, ont été détenus, dépossédés de leurs biens et internés en vertu de la Loi sur les mesures de guerre.

Pour l’aider à surmonter les difficultés liées à son déplacement traumatisant, Raymond Moriyama a construit une cabane dans un arbre. Il s’asseyait dedans et écoutait le bruit du vent dans les arbres. Cela lui semblait sinistre, mais curieusement réconfortant. Sa cabane dans l’arbre a éveillé son intérêt pour l’architecture.

Bien des années plus tard, pendant la construction de cet édifice, monsieur Moriyama est venue dans cette salle, alors inachevée, et y a entendu le vent siffler. Cela lui a rappelé le bruit du vent dans la cabane de son enfance, et il a demandé qu’on l’enregistre et l’utilise dans cet espace.

Cette histoire est un exemple puissant de la manière dont le passé peut façonner le présent. Ce que monsieur Moriyama a vécu pendant la Seconde Guerre mondiale lui a donné un point de vue unique et authentique qu’il a apporté à la conception de cet espace magnifique.

Et cet espace, la salle de la régénération Moriyama, est une représentation physique de l’espoir d’un avenir meilleur.