À partir du 1er décembre, une preuve de vaccination pour toutes personnes âgées de 12 ans et plus sera exigée pour accéder aux expositions et à tous les espaces publics du Musée, ce qui inclut la participation aux évènements spéciaux.

Preuves acceptées : passeport vaccinal ou preuve de vaccination (électronique ou imprimée), avec une pièce d’identité spécifiant nom et date de naissance.

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Transcription : La douille de cartouche des funérailles de Nichola Goddard

Le Musée canadien de la guerre conserve des millions d’objets dans la collection nationale. Chacun raconte une histoire.

Les coups de feu ont retenti en trois salves. Des douilles de cartouches sont tombées dans l’herbe.

Ces balles n’ont pas servi à enlever une vie, mais plutôt à en honorer une : elles ont été tirées à l’occasion d’un salut militaire de trois salves, lors des funérailles de la capitaine Nichola Goddard, le 7 juin 2006, au Cimetière militaire national à Ottawa.

Nichola Goddard est entrée dans l’armée après ses études secondaires, attirée par la promesse d’une éducation gratuite et d’un bon emploi. Affectée à la Royal Canadian Horse Artillery, elle a excellé durant sa formation et ses déploiements au pays, qui visaient à combattre des feux de forêt et à contrôler des avalanches en Colombie-Britannique. Promue au rang de capitaine, elle a été envoyée en Afghanistan, en janvier 2006.

Goddard était fière de ses réalisations. Comme l’a rappelé son ancienne mentore, le major Anne Reiffenstein : « Elle voulait qu’on se souvienne d’elle comme d’un excellent soldat, et non pas comme d’une femme officier, d’une femme soldat ou d’une première à faire quoi que ce soit. » Aujourd’hui pourtant, on se souvient d’elle comme d’une « première » tragique dans l’histoire militaire canadienne : la première femme combattante du Canada tuée en action.

Les femmes font partie des forces armées canadiennes depuis plus de 135 ans.

Depuis 1885 jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale, les femmes servaient comme infirmières militaires. C’était un travail souvent dangereux. Plus de 60 infirmières ont perdu la vie en service durant la Première Guerre mondiale.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, les infirmières étaient toujours les seules femmes à faire partie des forces armées. Cela a changé en 1941, lorsque l’Aviation royale du Canada et l’Armée canadienne ont établi des services féminins. La Marine royale du Canada a emboîté le pas en 1942. Quelque 50 000 femmes ont servi dans l’armée canadienne pendant la Seconde Guerre mondiale, toutes en tant que non-combattantes. Une fois la guerre terminée, les services féminins ont été dissous.

Au cours des décennies suivantes, le nombre de femmes dans les Forces armées canadiennes, ainsi que les possibilités qui leur étaient offertes, ont progressivement augmenté. Cette tendance reflétait l’acquisition de nouveaux droits reconnus par la loi ainsi que divers changements dans la société.

Quinze ans après le premier déploiement de Canadiennes dans des zones de guerre en tant que combattantes, Nichola Goddard a été affectée en Afghanistan. Elle y a servi comme observatrice-contrôleuse avancée. Officière d’artillerie, elle avait pour mission d’accompagner les soldats afin de diriger les bombardements aériens et les tirs.

Le 17 mai 2006, plus de 200 soldats canadiens et afghans ont réussi à déloger des combattants ennemis du village de Pashmul, près de Kandahar. La capitaine Goddard en faisait partie. Le peloton que son équipe et elle accompagnaient a cependant été pris en embuscade. Des grenades propulsées par fusée ont atteint le véhicule de Goddard, et des éclats d’obus l’ont frappée à la tête, la tuant sur le coup.

Nichola Goddard a été la première Canadienne tuée au combat en Afghanistan. Au total, 158 militaires canadiens, dont quatre femmes, ont perdu la vie en service dans ce pays.

La capitaine Goddard laisse le souvenir d’une habile artilleuse et d’une excellente chef. Elle a reçu la Médaille du service méritoire à titre posthume le 27 octobre 2006. Elle restera présente dans nos mémoires grâce à une école, à un navire de la Garde côtière, à un lac, à un prix et à une œuvre de bienfaisance nommés en son honneur.