Transformations – A. Y. Jackson et Otto Dix
10 avril 2014 - 26 septembre 2014

Soldats lors de la Première Guerre mondiale, A. Y. Jackson, peintre du Groupe des sept, et Otto Dix, artiste allemand, se sont inspirés des atrocités dont ils ont été témoins sur les champs de bataille pour composer des paysages qui reflètent leur expérience respective de ce conflit.

Transformations – A. Y. Jackson et Otto Dix illustre comment leur art paysager se fait l’écho de leur expérience de la guerre. Dans plusieurs de leurs œuvres, des éléments du conflit prennent la forme d’une réflexion personnelle sur les identités canadienne et allemande durant l’entre-deux-guerres.

Aujourd’hui, les paysages de Jackson continuent de façonner une image de marque qui distingue le Canada et qui nourrit notre patriotisme et notre attachement au pays. Par contre, on considère depuis peu de temps que l’œuvre de Dix témoigne des difficiles expériences de la guerre, de la défaite et du fascisme subis par l’Allemagne.

Divisée en cinq volets suivant un déroulement chronologique, du début de leur vie d’artiste à leur décès, cette exposition originale s’appuie sur une riche documentation historique et artistique et comprend plus de 70 peintures, dessins et gravures provenant de collections publiques et privées du Canada, des États-Unis et de l’Allemagne.

Une exposition réalisée par le Musée canadien de la guerre, avec le généreux soutien du Musée des beaux-arts du Canada.

 

Transformations – A. Y. Jackson et Otto Dix (publication)

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Artistes et soldats

A. Y. Jackson

A. Y. Jackson, Lake Rouvière, 1961

A. Y. Jackson, Lake Rouvière, 1961. © Galerie d’art de l’Université Carleton, Ottawa / Ville d’Ottawa / Galerie d’art d’Ottawa

Quand éclate la Première Guerre mondiale en 1914, A. Y. Jackson est, à 32 ans, un peintre canadien bien établi. S’enrôlant comme volontaire en 1915, il part outremer avec le 60e Bataillon, mais il ne produit aucune œuvre de guerre pendant la première partie du conflit.

Blessé à l’épaule et à la hanche lors de la bataille du mont Sorrel (Belgique) en juin 1916, il est envoyé en Angleterre pour sa convalescence. En 1917, il devient l’un des premiers artistes de guerre canadiens. Il prend pour premier sujet la crête de Vimy, qu’il représente quelque six mois après la victoire qu’y ont remporté les Alliés, peignant et dessinant dans les environs de Passchendaele, où la bataille fait rage. Il est démobilisé en 1919.

Jackson ne termine aucune de ses œuvres sur le terrain, préférant plutôt dessiner ou peindre des esquisses sur papier et sur bois. Plus tard, il achève ses toiles en atelier. Tant ses croquis que ses tableaux représentent sous forme de ruines, de cratères et d’arbres morts le lourd tribut imposé par la guerre à l’humanité.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jackson appuie avec enthousiasme le programme officiel canadien d’art militaire. Il rédige même un guide de poche sur l’art de peindre à l’intention des soldats en permission qui cherchent un loisir agréable. De nouveau nommé artiste de guerre officiel, il reste néanmoins cette fois en sol canadien.

Otto Dix

Otto Dix, Gräben vor Reims II, 1915

Otto Dix, Gräben vor Reims II, 1915. © Succession de Otto Dix / SODRAC (2014) / Valentien, Stuttgart

Formé comme peintre décorateur avant la Première Guerre mondiale, l’Allemand Otto Dix poursuit sa carrière artistique pendant toute la durée du conflit.

Il s’engage en 1914 et est affecté à un régiment d’artillerie de terrain. Il est ensuite sous-officier dans une unité de mitraillage sur le front Ouest en 1915, ce qui lui vaut la Croix de fer (seconde classe). En 1916, il participe à la bataille de la Somme, en France, avant d’être envoyé sur le front Est. Blessé en 1918 après son retour sur le front Ouest, il s’entraîne comme pilote avant d’être démobilisé.

Fasciné par les sujets violents, Dix a produit entre 1914 et 1918 des centaines de dessins et de tableaux de guerre. Ses paysages, fortement influencés par l’art futuriste et apocalyptique ainsi que par la pensée de Nietzsche, montrent la force régénératrice que recèle la destruction causée par la guerre. Il aime représenter les tranchées, qui évoquent le sexe féminin et le tombeau, symboles puissants de renaissance.

Après la défaite allemande, Dix illustre les conséquences désastreuses de la guerre. Qualifié d’« artiste dégénéré » par le régime nazi en 1933, il s’impose un exil intérieur dans le sud-ouest de l’Allemagne, où il peint des paysages. Enrôlé dans la milice nationale en 1945, il est rapidement fait prisonnier et passe le reste de la guerre dans un camp français de prisonniers de guerre.

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