Le Canada et la Première Guerre mondiale

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Plus de 3000 infirmières servirent dans le Corps de santé royal canadien (CSRC), dont 2504 outre-mer. Surnommées les Bluebirds (merles bleus) à cause de leurs uniformes bleus et de leurs voiles blancs, les infirmières militaires du Canada sauvèrent des vies en posant des actes médicaux et en soignant les soldats convalescents.

Qui étaient-elles?

Les infirmières militaires canadiennes étaient des infirmières qui avaient obtenu leur diplôme avant la guerre. Cette professionnalisation garantissait l’exclusion de femmes n’ayant pas une formation complète qui, par le passé, avaient parfois joué le rôle d’infirmières dans d’autres armées. Les infirmières canadiennes étaient toutes des femmes âgées entre 21 et 38 ans. L’âge moyen était de 24 ans et presque toutes étaient célibataires. Nombre de ces infirmières avaient un frère ou un père servant dans le Corps expéditionnaire canadien. Toutes étaient volontaires et il n’y eut jamais pénurie de candidates. En janvier 1915, par exemple, il y eut 2000 candidatures pour 75 postes.

Service

Des infirmières avaient servi au sein du CSRC depuis la Rébellion du nord-ouest de 1885 et s’étaient acquis une excellente réputation pendant la guerre d’Afrique du Sud (1899-1902). Le Corps infirmier militaire canadien fut créé en 1908, mais il ne comptait que cinq membres permanents au début de la Première Guerre mondiale. En août 1914, la directrice générale des soins infirmiers, le major Margaret Macdonald, une infirmière expérimentée qui avait servi en Afrique du Sud, fut autorisée à recruter 100 infirmières. Issues de diverses régions du Canada et des États-Unis, presque toutes venaient d’hôpitaux, d’universités ou de professions médicales.

Les infirmières ne travaillaient pas dans les tranchées de la ligne de front, bien qu’elles en aient souvent été proches. Lorsque les patients arrivaient par camion ou par chemin de fer, les infirmières étaient parmi les premières personnes à accueillir les blessés, à nettoyer leurs blessures et à les réconforter. Elles participaient aux chirurgies et c’est souvent à elles qu’incombait au premier chef la responsabilité de nettoyer les blessures postopératoires et de vérifier qu’il ne se produisait pas d’infections secondaires. Les infirmières soignaient quotidiennement les blessures, pansant et repansant les plaies et s’assurant qu’elles soient oxygénées pour juguler les infections anaérobiques qui pouvaient provoquer une mort douloureuse. Elles servirent sur plusieurs théâtres d’opération autres que le Front occidental, notamment à Gallipoli, en Égypte et à Salonique.

Le coût

Sur les 2504 infirmières qui servirent outre-mer, 53 moururent de maladie, de noyade ou tuées par des tirs ennemis pendant la guerre. À deux reprises en 1918, des hôpitaux canadiens en Europe furent atteints par des bombes ennemies et plusieurs infirmières furent tuées dans l’exercice de leurs fonctions. Le 27 juin 1918, un U-boot allemand torpilla et coula un bâtiment hospitalier, leLlandovery Castle. Les 14 infirmières qui se trouvaient à bord perdirent la vie.

Commémoration

Les infirmières revinrent d’outre-mer avec des compétences médicales accrues, ce qui apporta à leur profession de nouvelles techniques médicales et un sentiment accru de légitimité. Elles s’étaient mérité l’affection de milliers de soldats canadiens, qui les appelaient souvent des « sœurs de miséricorde » ou des  «  anges de miséricorde ». Un monument commémoratif dédié aux infirmières militaires de la guerre fut érigé à Ottawa en 1926 dans le Hall d’honneur du Parlement du Canada.

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