NAC PA 183630 'Le Mémorial de Vimy, juillet 1936' et Pendant la bataille de la crête de Vimy, le 29e Battallon d'infanterie avance sur le no man's land malgré le barbelé allemand et le feu nourri des tireurs - 19920085-915

La bataille de la crête de Vimy, 9-12 avril 1917

Tim Cook

Bon nombre d'historiens et d'auteurs considèrent la victoire canadienne à Vimy comme un moment déterminant pour le Canada, celui où le pays sortit de l'ombre de la Grande-Bretagne et se sentit capable de grandeur. C'est à ce moment que les soldats canadiens se sont mérités la réputation de troupes redoutables et efficaces. Mais cette victoire a eu un coût élevé avec plus de 10 500 morts et blessés du côté canadien.

Le Corps d'armée canadien reçut l'ordre de s'emparer de la crête de Vimy en avril 1917 [Voir les cartes]. Cette crête de sept kilomètres de long, solidement fortifiée, dans le Nord de la France, dominait les lignes alliées. Les Canadiens donneraient l'assaut sur ce qui était considéré comme un véritable cimetière car les précédentes attaques françaises avaient échoué, leur infligeant plus de 100 000 pertes.

CWM19930065-522 obusier de 12 pouces de la marine en actionLes Canadiens devaient planifier et répéter avec soin leur attaque afin de s'emparer de cette position. Pour accroître la souplesse et la puissance de feu au combat, l'infanterie se vit confier des rôles spécialisés de mitrailleurs, de carabiniers et de grenadiers. Ces mêmes soldats s'entraînèrent durant des semaines derrière leurs lignes avec des maquettes du champ de bataille et de nouvelles cartes établies à l'aide de photos aériennes pour guider leur avancée. Pour amener les hommes jusqu'au lieu de l'assaut en toute sécurité, les ingénieurs creusèrent de longs tunnels depuis l'arrière du front. L'élément clé de la victoire devait être un barrage d'artillerie roulant qui isolerait non seulement les tranchées ennemies mais formerait aussi un mur d'explosifs et d'obus qui forcerait les Allemands à rester terrés dans leurs abris, loin de leurs mitrailleuses. « Les gars, vous allez progresser comme un train, à l'heure, sinon vous serez anéantis », déclara sir Julian Byng, commandant du Corps d'armée canadien.

« Au cours de ces quelques minutes, j'ai été témoin de la naissance d'une nation. »
- BGén A.E. Ross

Gros canon de la marine, Crête de Vimy, Avril 1917 ;PA-001187  CWM Photo Reference Credit Archives nationales du CanadaAu cours de la semaine précédant la bataille, l'artillerie canadienne et britannique pilonna les positions ennemies sur la crête, tuant et harcelant les défenseurs. De nouvelles tactiques permettaient aux artilleurs de cibler puis de détruire les positions ennemies. Des réserves presque illimitées d'obus, ainsi que la nouvelle fusée 106, qui permettait aux obus d'exploser au contact au lieu de simplement s'enfouir dans le sol, facilitaient la destruction des places fortes et des barbelés. L'infanterie canadienne serait bien appuyée par plus de 1000 pièces d'artillerie qui produiraient un feu destructeur soutenant sa progression.

Les quatre divisions canadiennes, qui attaquaient ensemble pour la première fois, prirent la crête d'assaut le 9 avril 1917 à 5 h 30. Plus de 15 000 fantassins canadiens se lancèrent à l’assaut des positions allemandes. Leur courage et leur discipline leur permirent de continuer à avancer sous un feu nourri, même quand leurs officiers furent tués. CWM19920085-479 La prise de la crête de Vimy, avancée par-delà le no man's land avec des chars 01575Plusieurs Canadiens ont bravement sacrifié leur vie, en attaquant des nids de mitrailleuses ou en forçant la reddition de soldats allemands dans leurs abris. La colline numéro 145, la plus élevée et la plus importante de la crête, là où se trouve aujourd'hui le mémorial de Vimy, fut capturée lors d'une charge frontale à la baïonnette contre des postes de mitrailleuses. Trois autres journées de combats acharnés concrétisèrent la victoire finale. L'opération canadienne fut un grand succès, même si l'offensive franco-britannique dont elle faisait partie avait échoué. Cependant, cette victoire eut un coût élevé : 3598 Canadiens furent tués et 7000 autres blessés.

La prise de la crête de Vimy fut plus qu'une simple victoire sur le champ de bataille. Pour la première fois, les quatre divisions canadiennes, composées d'hommes de partout au Canada, attaquèrent ensemble. Le brigadier-général A.E. Ross déclara après la guerre : « Au cours de ces quelques minutes, j'ai été témoin de la naissance d'une nation. »

Par la suite, Vimy est devenue un symbole du sacrifice du jeune Dominion. En 1922, le gouvernement français céda à perpétuité au Canada la crête de Vimy et les terrains environnants. Le marbre blanc brillant et les émouvantes sculptures du Mémorial de Vimy ( inauguré en 1936 ) évoquent le souvenir des 11 285 Canadiens morts en France sans sépulture connue.

CWM19900076 Des Canadiens revenant de la crête de Vimy, 1917
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