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Le Fonds de souvenirs de guerre canadiens
 
L'histoire canadienne et l'art sont redevables à sir Max Aitken (connu, à partir de 1917, sous le nom de lord Beaverbrook), un baron de la presse expatrié du Nouveau-Brunswick qui alliait, en une seule personnalité, le nationalisme canadien et l'impérialisme britannique. En tant qu'ami de sir Sam Hughes, ministre de la Milice et de la Défense, Aitken est chargé des dossiers militaires outre-mer. Son organisation s'occupe de beaucoup plus de choses que des simples tâches d'archivage; dans l'intention de publiciser les accomplissements des Canadiens, il produit un ouvrage en trois volumes sur les opérations canadiennes (Les Canadiens en Flandre), il lance un programme de photographie militaire qui comprend la vente d'épreuves; il est le premier à utiliser la ciné-photographie sur la ligne de front, et il publie un quotidien pour les soldats (The Canadian Daily Record).
 

Beaverbrook est perturbé par le fait que certains des exploits des Canadiens, notamment le rôle crucial qu'ils jouent lors de la deuxième bataille d'Ypres (avril 1915) passent inaperçus aux yeux des photographes. En 1916, il commande au peintre britannique Richard Jack, de recréer cette bataille sur une toile. Le projet prend de l'ampleur et d'autres artistes sont engagés sous les auspices du Fonds de souvenirs de guerre canadiens de lord Beaverbrook. En bout de ligne, son programme d'art militaire fera travailler plus de 100 artistes - Belges, Britanniques et Canadiens - à partir du Canada, de l'Angleterre, du Proche-Orient, de la Russie et de la France. Ce programme rapportera au Canada plus de 800 peintures et sculptures militaires, dont plusieurs furent créées par des artistes de renom. Toutefois, ce n'est pas avant avril 1928 que le gouvernement fédéral remerciera formellement lord Beaverbrook, mais l'édifice que ce dernier désirait voir construire afin d'abriter la collection n'a jamais été érigé.

La charge de l'escardon Flowerdew Alfred Munnings s'est joint au programme d'art militaire du Fonds de souvenirs de guerre canadiens en 1918 afin de peindre la Brigade de cavalerie canadienne et le Corps forestier canadien. En partant pour la France, il apporte avec lui trois châssis (un de 76 cm x 63 cm, deux de 61 cm x 51 cm), ainsi que de nombreuses toiles coupées de façon à s'insérer parfaitement dans les châssis. L'ensemble du matériel ainsi que le papier à croquis, les aquarelles, les huiles et les pinceaux sont emballés dans une boîte légère et étroite.



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